Mes livres / Récits et poésie

 
Baïkal
Juin 2019 - Cheyne Editeur

"Baïkal" est le livre du désir adressé à une femme, pareille à un lac, immobile, silencieuse et secrète. Le narrateur, quant 
à lui, se présente comme un ours, un être blessé, maladroit et sauvage. D’emblée, l’amour qui se dit dans ces pages est 
immense et aride.
"Baïkal" est aussi le livre de l’impossibilité d’aimer. Il est un dialogue à une seule voix, l’autre se laissant deviner. Le texte de Danielle Bassez glisse sans cesse de la poésie à la prose et de la prose à la poésie ; il est fait de souffles, de halètements.
Ce texte clairvoyant et lucide est avant tout un don, un hommage et un remerciement.

 
Le Professeur
Mars 2016 - Cheyne Editeur

La Sorbonne à la fin des années soixante : un étudiant découvre dans une même grande déflagration la philosophie, la littérature, la passion amoureuse et sa propre vocation, sous le regard bienveillant du professeur. Traversé par les agitations de l’histoire sociale et littéraire, il entre dans le monde en se brûlant à tout, connaît admiration, douleurs et joies violentes.

Danielle Bassez, à travers le récit d’apprentissages multiples, réussit à retenir le courant du temps, tout en rendant au professeur l’hommage trop longtemps retenu. On entend, à la lecture de ce livre, battre le pouls d’une jeunesse qui se découvre elle-même dans un monde en mouvement.

 
Aucune chanson n'est douce
Mars 2013 - Cheyne Editeur

Ce livre de Danielle Bassez, son sixième dans la collection Grands Fonds, présente un nouvel aperçu de la fresque familiale que tisse peu à peu cette œuvre.

La mémoire est ici au travail : c’est elle qui ranime, chez le narrateur, le regard de l’enfant qu’il fut, elle qui l’autorise maintenant à mettre en scène les acteurs, les lieux et les drames d’une enfance comme une longue blessure. Dans ce tableau domine la figure de la « belle-mère » que l’enfant impitoyable observe, dont il subit l’autorité, et, lui semble-t-il, la haine.

On retrouve, dans ce texte sans concession, la marque si caractéristique, et si émouvante, de l’écriture de Danielle Bassez : le rythme quasi impérieux de ses phrases, la cruelle justesse de ses portraits, mais aussi son humanité, et souvent, malgré tout, une tendresse pour ce monde revisité qu’une mère tôt disparue marque de son absence.

 
Meurs encore !
Fév 2007 - Cheyne Editeur

Petit enfant, le narrateur de ce livre bouleversant a perdu sa mère. Il ne lui reste d’elle que de frêles traces : photos, lettres et papiers épars, récits troués de non-dits. Il lui faut retrouver le visage de l’absente.

Or, revivant son enfance orpheline, ce qui le conduit à saisir, tantôt cruellement, tantôt avec tendresse, la comédie des autres, il approche l’énigme de sa propre identité que la solitude, le sentiment de la différence et de l’exclusion ont marquée à jamais.

La force de ce nouveau livre de Danielle Bassez, c’est, comme toujours, son écriture, dont ne faiblissent jamais la puissance, la rigueur et l’humanité.

Écrits dans les marges 
De la pratique du gribouillage comme art gourmand de la lecture
Juillet 2006 - Cheyne Éditeur

Nous voici lancés, aux côtés de Danielle Bassez, sur les traces que son père, lecteur curieux de tout – de Proust, comme de littérature populaire, de George Sand comme de Jankélévitch – a laissées derrière lui : bouts de papiers, dessins, notes dans les marges, listes de mots, schémas étranges. Comme autant d’empreintes, d’herbes foulées, de brèches dans les taillis.

Lire : faire silence, corner des pages, gribouiller, balbutier. Et espérer. Quoi ? Que quelqu’un se hasarde à son tour sur ces chemins de traverse.

 
 
La Kermesse
Février 2001 - Cheyne Éditeur

Kermesse dans la maison de vieux où loge " la Marquise ". Le voyage vers la vieille pensionnaire, qui a perdu la raison, est aussi l'occasion d'un parcours initiatique qui conduit le narrateur sur les traces de son enfance solitaire et déchirée, origine de sa vocation d'écrivain. Depuis toujours en effet, le monde a été à l'image de cette kermesse : médiocre ou grotesque, mais traversé par les éclats d'une splendeur qui nous comble. Sauver ce monde de son effondrement, tel est le " devoir de beauté " auquel obéit l'écriture de Danielle Bassez : rigoureuse et cruelle, mais tendre aussi, en ses croquis de paysages ou de personnages. Et toujours juste.

L'Égarée
Janvier 1998 - Cheyne Éditeur

Voici un drame tout à fait banal : une vieille femme perd ses esprits sous les yeux du narrateur, un proche parent venu de loin l’entourer d’une piété toute filiale. Mais ce témoin observe aussi, d’un œil terriblement aiguisé, les multiples signes du désastre.

En vérité, qu’est-ce donc qui s’effondre, là ?

S’agit-il seulement de la clairvoyance de la vieille dame, attachée maintenant à des riens misérables, et qui soupçonne son visiteur des projets les plus vils ; ou n’est-ce pas aussi, avec elle, un pan entier du monde qui s’abîme, entraînant dans sa chute l’identité même du narrateur : désorienté par l’énigme que devient pour lui « l’égarée », il ne retrouve plus ses repères.

C’est alors qu’il lui faut écrire : d’abord pour entourer de toute la rigueur des mots celle que désormais la vie abandonne ; ensuite pour se sauver lui-même.

Telle est la force de l’écriture de Danielle Bassez : portés par un même souffle de compassion, cruauté et tendresse s’y mêlent sans concession. Et c’est ainsi sans doute que le monde, échappant à la ruine qui le menace, retrouve sa part d’humanité. N’est-ce pas l’une des fonctions de la littérature ?

 
Contes et légendes du Berry
Novembre 1997 - Nathan

C’est un pays obscur, agité de rêves, de maléfices, de diableries. À l’heure où la chouette frôle la cime des arbres, le meneux de loups souffle dans sa cornemuse, rameute ses bêtes, les créatures maudites partent en cavalcade.

Sur les étangs, à la croisée des chemins, dansent les demoiselles de brume. Le sorcier marmonne…

C’est le Berry.

Vieilles
Janvier 1995 - Cheyne Éditeur

Sans doute faut-il se risquer loin dans le désespoir pour que, par une espèce de retournement, se dise le contraire du ressentiment et de la haine, ce qui transfigure l’anecdote : un visiteur, jeune encore, fait à une vieille l’aumône de quelques nuits d’amour. Pour conjurer le passé, pour exorciser, ou provoquer, ses propres hantises. Peut-être aussi pour la sauver, elle, de la solitude.

Or, la force de ce texte, c’est que vient un moment où la déréliction ouvre à la tendresse : on ne peut rien écrire ainsi, dire si cruellement, et de façon tellement innocente, que parce que l’on aime.

De Bassez, il faut entendre le souffle, cette sorte de halètement qui tend la phrase, la dresse sur la page comme une victoire, et faire l’épreuve de ce rythme court, syncopé, tout de violence maîtrisée, exaltée par une mesure juste.

 
 
Tombeau
Janvier 1992 - Cheyne Éditeur

Approcher de toi, désormais, au-delà de ta peau. Tu es passé en moi par le combat, par la douleur ; mon pouce écrasé, sans force, les reins rompus : hisser, redresser, asseoir, coucher, relever. Ce sera plus facile maintenant : tu passes le bras autour de mon cou, ta main valide s’appuie à l’accoudoir, je fais levier sans peine.